DICO SES

Le dictionnaire d'économie et de sciences sociales
de référence en sciences économiques et sociales (SES)


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accumulation du capital (accumulation patrimoniale)

Accroissement au cours d'une période donnée d'un ou de plusieurs capitaux (capital productif, capital technologique, capital naturel, capital humain, etc.).

L'accumulation du capital est réalisée grâce à un investissement net positif (ce qui signifie que l'investissement brut, total, dépasse l'investissement de remplacement nécessaire pour simplement maintenir le niveau du stock de capital en se contentant de compenser sa dépréciation).

Le capital étant un facteur de production, son accumulation permet de favoriser la croissance économique (extensive si l'accumulation de capital productif se fait à technologie constante ; intensive si elle se fait à technologie croissante ou si elle résulte d'un accroissement d'autres types de capitaux comme le capital humain, dans un processus de croissance endogène).


action collective

Action menée par les membres d'un groupe social afin d'atteindre un objectif commun.Cette action ne prend pas forcément la forme d'un conflit social et ne vise pas forcément une transformation profonde de la société (auquel cas l'action collective devient plus précisément un mouvement social).


anomie

Concept forgé par Emile Durkheim désignant l'état d'une société dans laquelle les valeurs et/ou les normes en vigueur, qui guident les aspirations et les conduites des individus, ont perdu tout ou partie de leur force de contrainte.

Cet affaiblissement des normes peut s'expliquer par leur disparition, par leur nouveauté ou par leur incompatibilité, à la suite de changements sociaux majeurs. Le concept d'anomie est donc particulièrement éclairant dans des époques caractérisées, comme aujourd'hui, par de rapides changements sociaux.

Il résulte de l'anomie une désorganisation sociale du fait de l'absence de valeurs et de normes communes.

Emile Durkheim définit le suicide de façon très large, comme toute situation où un individu perd la vie alors qu'il savait que son action risquait nettement de conduire à ce résultat. L'anomie peut alors conduire à une forme de suicide dit anomique. En effet l'affaiblissement des valeurs et des normes ne permet plus de brider les désirs des individus, faisant alors naître en eux un sentiment de frustration et, afin d'y remédier, des comportements potentiellement dangereux : je veux une Ferrari ; je n'en ai pas les moyens ; je refuse cette frustration permanente ; je pratique alors le carjacking et m'expose ainsi aux représailles possiblement mortelles du conducteur.


assistance

Fait de recevoir une prestation sans avoir ouvert des droits à indemnisation du fait d'une cotisation préalable.


assurance

Fait de cotiser auprès d‘un organisme afin de prétendre à une indemnisation si survient un événement aléatoire défavorable (risque).


asymétrie d'information

On parle d'asymétrie d'information dans le cadre d'un contrat lorsque l'un des contractants ignore une information pertinente pour déterminer comment il doit contracter, information détenue à un moment donné par les autres contractants. La détention de cette information aurait modifié sa façon de contracter voire l'aurait dissuadé de contracter. En effet il aurait alors prévu que les autres contractants allaient en tirer avantage à son détriment. Au final l'asymétrie d'information explique que la satisfaction globale des contractants est sous-optimale du fait de choix mal éclairés (elle constitue une limite de la satisfaction des besoins par le marché).

La présence d'asymétries d'information conduit à des problèmes :

- d'anti-sélection (= de sélection adverse). On contracte sans disposer de toutes les informations pertinentes sur les autres contractants avant la signature du contrat. On résout ce problème grâce au signal par le marché qui oblige l'autre contractant à se dévoiler avant la signature du contrat ;

- et d'aléa moral. Le comportement d'un des contractants change après avoir contracté sans que ce changement ne soit prévisible lors de la signature du contrat. On résout ce problème grâce à l'incitation qui guide le comportement ultérieur de l'autre contractant après la signature du contrat, ce qui rend ce comportement hautement prévisible.


avantage comparatif

Désigne la production pour laquelle le rapport entre la productivité du pays considéré et la productivité des partenaires commerciaux est le plus grand. Il s'agit donc de la production dans laquelle le pays est le meilleur (soit le meilleur parmi les domaines dans lesquel il est meilleur que les autres pays, soit le moins mauvais, s'il n'est meilleur que les autres pays dans aucun domaine). On parle d'avantage comparatif ou relatif car il s'agit d'effectuer une comparaison entre les spécialisations possibles (en plus de la comparaison avec les partenaires commerciaux).

Un exemple anecdotique permet de bien cerner le principe de l'avantage comparatif : même si un avocat sait à la fois mieux taper à l'ordinateur et mieux plaider (détenant ainsi un avantage absolu dans les deux activités) que son secrétaire, c'est dans la plaidoirie qu'il excelle le plus, que l'écart d'efficacité avec son secrétaire est le plus grand ; mieux vaut alors qu'il se spécialise dans les plaidoiries et que son secrétaire tape et prépare les dossiers ; chacun y gagne alors pour la bonne marche du cabinet en consacrant la totalité de son temps à l'activité qu'il maîtrise le mieux.


banque centrale

La banque centrale d'un (ou de plusieurs) pays est une institution chargée de la gestion du système monétaire.
Elle joue tout ou partie des rôles suivants :

- assurer l'émission de la monnaie fiduciaire dans le cadre de la politique monétaire et de la politique de change ;

- gérer le compte des banques commerciales à la banque centrale ;

- superviser le fonctionnement des marchés financiers en assurant notamment le respect des réglementations du risque des institutions financières ;

- prêter en dernier ressort en cas de crise systémique.

Cette institution peut être indépendante du pouvoir politique (comme l'est la Banque centrale européenne/BCE) ou pas.
Les objectifs de politique monétaire des banques centrales sont fixés par leurs statuts. Ces statuts fixent des objectifs qui peuvent inclure, en plus de la stabilité des prix (objectif de la BCE), d'autres objectifs, comme la réduction du chômage.

Les banques centrales peuvent chercher à atteindre l'objectif de relative stabilité des prix au moyen de plusieurs instruments, qui leur permettent de faire varier la masse monétaire en circulation dans le pays et le coût des crédits accordés aux particuliers et entreprises. Le principal instrument est la fixation des taux (d'intérêt) directeurs. Ces taux déterminent le coût de refinancement des banques commerciales auprès de la banque centrale (le refinancement consistant à obtenir de la monnaie banque centrale, monnaie échangée entre banques, constituant les réserves obligatoires sur le compte détenu auprès de banque centrale et retirée aux guichets par les clients).


bien commun

Les biens communs sont des produits :

- rivaux. Leur utilisation par un agent empêche leur utilisation par un autre agent : un poisson pêché par l'un ne pourra plus l'être par l'autre par exemple ;

- et difficilement excluables. Il est difficile d'exclure un utilisateur de ces biens car il est difficile de s'approprier ce bien : établir des propriétés privées individuelles sur l'océan semble impossible du fait de l'impossibilité de faire respecter en pratique les droits de propriété.


capital

Au sens large, toute richesse permettant d'engendrer une nouvelle richesse.




capital culturel

Concept de Pierre Bourdieu désignant l'ensemble des qualifications intellectuelles d'un individu qui, du fait de leur proximité avec celles qui sont valorisées dans la société, sont susceptibles de jouer un rôle dans sa réussite sociale (scolaire notamment).
Le capital culturel défini par Pierre Bourdieu se présente sous trois formes distinctes :
- une forme incorporée : il s'agit de toutes les dispositions qui guident la façon d'être des individus (comme par exemple la façon de s'exprimer). On parle aussi d'habitus ;
- une forme objectivée : ce sont les biens culturels (livres, tableaux, disques, etc.);
- une forme institutionnalisée : ce sont toutes les qualifications intellectuelles que la société reconnaît de façon explicite (par un diplôme scolaire notamment).


capital humain

Tout ce qui chez un travailleur détermine sa productivité (niveau de formation initiale, de qualification, état de santé, état psychologique, ouverture à la culture et aux loisirs susceptible de développer son imagination, etc.).


capital institutionnel

Ensemble des règles qui régissent les relations entre les individus.


capital naturel

Ensemble des ressources fournies directement par la nature (ressources agricoles, forestières, halieutiques, extractives, etc., qualité de l'air, de l'eau, etc.).


capital physique (capital productif, capital technique)

Tout ce qui permet de produire et qui n'est pas du travail.

Il n'est souvent, dans un sens plus restreint, pris en considération que les produits qui ne sont pas détruits au cours d'un seul cycle productif, i.e. les biens d'équipement (locaux, machines, etc.).


capital social

1 Au sens économique, ressource apportée définitivement à l'entreprise par son ou ses propriétaires (dans une société par actions, en achetant une action fraîchement émise par la société en question).

2 Au niveau individuel, réseau relationnel d'un individu.

3 Au niveau global, ensemble des relations de coopération qu'entretiennent les individus composant un groupe social.

Un fort niveau de capital social favorise la confiance et plus généralement le bien-être dans une société.


catégorie socioprofessionnelle

Catégorie sociale de la nomenclature des PCS (professions et catégories socioprofessionnelles) créée par l'INSEE. Cette nomenclature comporte 4 niveaux d'agrégation du plus agrégé (groupes socioprofessionnels, au nombre de 8) au moins agrégé (les professions, un peu moins de 500), en passant par 2 niveaux d'agrégation intermédiaires (catégories socioprofessionnelles, au nombre de 24 ou 42).

Ces catégories sont construites de manière à présenter un certain degré d'homogénéité sociale, en entrecroisant plusieurs critères de classement (statut indépendant/salarié, secteur d'activité, qualification, employeur public/privé, taille de l'entreprise, etc.).


changement social

Toute modification intervenant dans une société (changement de valeurs, de normes, de type de solidarité, de système politique, économique, etc.).


choc d'offre

Modification des conditions de l'offre la demande globale (quantité d'un produit que l'ensemble des agents économiques désirent vendre à un prix donné), i.e. de la production d'un produit. Le choc est positif lorsque les conditions de l'offre s'améliorent (par augmentation de la productivité, grâce à une baisse des coûts de production par exemple), négatif si elle diminue (augmentation des coûts de production, catastrophe naturelle, etc.).


choc de demande

Modification de la demande globale (quantité d'un produit que l'ensemble des agents économiques désirent acheter à un prix donné) d'un produit. Le choc est positif lorsque la demande augmente, négatif si elle diminue.




chômage

1 - Situation d'un chômeur, i.e. au sens du BIT d'un individu en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions :

- être sans emploi, c'est à dire ne pas avoir travaillé au moins une heure durant la semaine de référence de l'enquête ;

- être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours ;

- avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

2 - Déséquilibre sur le marché du travail se traduisant par une offre de travail durablement excédentaire par rapport à la demande de travail. Il y a donc davantage de personnes qui désirent occuper un emploi salarié que d'emplois salariés disponibles si bien que certains individus ne trouvent pas d'employeur.


chômage classique

Excédent d'offre de travail par rapport à la demande de travail sur le marché du travail, expliqué par un rationnement de la demande (sous-production : l'offre de produits est inférieure à la demande de produits).

Ce rationnement s'explique notamment par un manque de rentabilité des entreprises, qui désincite à produire localement. Pour y remédier on utilise notamment une politique d'allégement du coût du travail.


chômage keynésien

Excédent d'offre de travail par rapport à la demande de travail sur le marché du travail, expliqué par un rationnement de l'offre (surproduction : l'offre de produits est supérieure à la demande de produits).

Ce rationnement s'explique par une insuffisance de la demande. Pour y remédier on utilise notamment une politique de soutien de la demande globale.


chômage structurel

Le chômage structurel est le chômage qui n'est ni frictionnel ni conjoncturel. Il s'explique par l'inadéquation des structures productives à la demande adressée, notamment par des qualifications individuelles inadaptées aux postes proposés, par un manque d'innovation, etc.


classe sociale

1 Au sens large, groupe social de grande dimension, caractérisé par une forte reproduction sociale et par sa position dans une hiérarchie sociale de fait et non de droit (i.e. que cette hiérarchie n'est pas établie par la loi) dont la nature est largement économique. Les classes sociales constituent la stratification caractéristique de la société industrielle (par opposition aux stratifications en castes ou ordres des sociétés traditionnelles).

Dans un sens plus étroit, chaque sociologique définit les classes sociales de façon différente :
2 Pour Karl Marx la classe regroupe des individus ayant une même position dans les rapports sociaux de production (exploiteur/exploité du fait rerspectivement de la possession ou de la non possession des moyens matériels de production). Le degré de conscience de cette appartenance est variable (ce qui distingue la classe en soi de la classe pour soi, dont le degré de conscience d'appartenance à la classe est telle que la classe se mobilise pour défendre ses intérêts). Il s'agit d'une vision réaliste : ces groupes existent en tant qu'acteurs sociaux, notamment dans le cadre de la lutte des classes.

3 Pour Max Weber une classe rassemble l'ensemble des individus ayant une situation de classe proche, i.e. une même probabilité d'accès aux ressources économiques. Rien ne dit que les individus développeront une conscience de classe. La perspective est nominaliste.

Dans ces deux cas le point commun est que cette stratification sociale est largement économique.


cohésion sociale

Désigne le fait qu'il existe des relations sociales intenses entre les membres d'une société ou d'un groupe social, relations sociales témoignant d'une dépendance réciproque importante entre ses membres et de l'existence d'un fort sentiment d'appartenance à la collectivité.


commerce international (échange international)

Désigne tous les échanges de produits se traduisant par le franchissement d'une frontière, donc tous les échanges de produits entre Etats.


commerce intra-firme

Désigne les échanges intervenant entre la maison-mère et ses filiales ou entre ses filiales.


compétitivité hors prix (compétitivité structurelle, compétitivité produit)

Capacité à s'imposer en situation de concurrence, i.e. à écouler sa production en captant la clientèle des concurrents, sans que cet avantage ne s'explique par des prix de vente plus faibles que ceux pratiqués par les concurrents. Il s'agit donc de proposer un produit intrinsèquement plus attractif que ceux des concurrents grâce à l'innovation qui permet de diversifier la production en lui apportant des améliorations (apparence, fonctionnalités, ergonomie, marketing, etc.).


compétitivité-prix

Capacité à s'imposer en situation de concurrence, i.e. à écouler sa production en captant la clientèle des concurrents, grâce à des prix de vente plus faibles que ceux pratiqués par les concurrents, à produit réputé identique.

En économie ouverte, le taux de change peut avoir un impact important sur la compétitivité-prix : une dépréciation de la monnaie nationale entraînera généralement une amélioration de la compétitivité-prix et inversement.




conflit

Situation d'opposition, allant de la frustration à l'affrontement ouvert, entre deux acteurs, individus ou groupes.


conflit du travail

Conflit portant sur l'exercice d'une activité professionnelle. La plupart des conflits du travail opposent les salariés aux employeurs, les pouvoirs publics servant d'arbitre. On peut toutefois peut voir les manifestations des indépendants, comme celles des chauffeurs de taxi lorsqu'ils s'opposent aux conducteurs de voitures avec chauffeurs/VTC, comme un conflit du travail.

Les conflits du travail peuvent être collectifs ou individuels.
Toutefois, le conflit individuel peut avoir un aspect collectif dans ses conséquences, car le règlement de ce conflit peut inciter à la prudence et/ou créer une jurisprudence.


conflit social

Situation d'opposition, allant de la frustration à l'affrontement ouvert, entre deux groupes d'individus.


conflit sociétal

Conflit social majeur, intéressant une large partie de la population d'une société dans la mesure où il vise une transformation d'ampleur de cette dernière (de ses valeurs, de ses normes, de son organisation, etc.).


consommateur

Agent économique réalisant une opération de consommation.


contrat de travail

Engagements mutuels entre un salarié et un employeur, cet engagement, qui doit respecter les lois et règlements en vigueur (le code du travail et les conventions collectives notamment), stipulant notamment que le salarié est subordonné, dans le cadre du travail qu'il lui fournit, à son employeur, en échange d'une rémunération versée par ce dernier.


convention collective

Texte réglementaire définissant, à la suite de négociations entre les partenaires sociaux, les conditions de travail et de rémunération des salariés. Ces conventions complètent le code du travail en l'adaptant aux différentes réalités locales et constituent un cadre pour les contrats de travail qui doivent les respecter.

Au niveau d'une entreprise, la convention collective est plus fréquemment appelé accord d'entreprise.

En principe la convention collective ne peut être que plus favorable aux salariés que le code du travail.


coordination des politiques économiques

Fait d'établir des règles et de prednre des décisions concertées afin de faire en sorte que les politiques monétaires, budgétaires et structurelles ne soient pas contradictoires entre les différents pays, permettant ainsi de maximiser leur efficacité. En effet ne pas tenir compte pas des conséquences possibles de ses politiques économiques sur ses partenaires commerciaux peut se traduire par des réactions contre-productives.


cotisation sociale (charge sociale)

Somme versée à titre obligatoire par les individus à un organisme de protection sociale afin de couvrir les risques sociaux.


coût

Dépense ou manque à gagner (coût d'opportunité) lié à l'acquisition d'une chose ou à l'existence d'un phénomène.

Le coût du travail salarié est ainsi l'ensemble des dépenses que l'employeur doit engager pour utiliser du travail salarié (salaire net + cotisations sociales salariales + cotisations sociales patronales + autres dépenses de moindre importance comme la taxe d'apprentissage).
Le coût de la pollution est quand à lui l'ensemble des dépenses que la pollution engendre et de ses manques à gagner.




crise économique

1 Au sens strict du terme, moment de retournement de la conjoncture économique qui fait passer de l'expansion à la récession ou à la dépression

2 Dans un sens plus large synonyme de récession ou de dépression, i.e. d'une situation marquée par un ralentissement sensible de l'activité productive, voire par sa baisse.


croissance économique (croissance, croissance économique)

1 Lorsque l'adjectif « économique » est sous-entendu, la croissance désigne au sens strict du terme l'augmentation soutenue de la production en volume (mesurée le plus souvent par le PIB réel) sur une longue période.

On peut ainsi parler de forte croissance des économies européennes depuis la révolution agricole puis la révolution industrielle.

On peut toutefois être amené à étudier les fluctuations qui caractérisent cette croissance. Le terme croissance désigne alors, dans un sens plus large, l'état de la croissance durant une certaine période. La croissance n'est dans ce cadre plus forcément une augmentation mais une variation de la production réelle (qui peut stagner ou diminuer) et elle ne désigne plus forcément un phénomène durable.

C'est dans ce sens que l'on parle de la croissance trimestrielle.

La croissance est généralement mesurée par le taux de variation du PIB réel (ce taux étant appelé « taux de croissance »).

2 Si le terme économique n'est pas sous-entendu, au sens strict du terme, la croissance désigne l'augmentation de la variable considérée dans l'énoncé (croissance de la population mondiale au cours du XXe siècle par exemple).

Dans un sens plus large, elle désigne la variation de la variable considérée dans l'énoncé.


croissance endogène (théorie de la croissance endogène)

Croissance économique trouvant son origine en elle-même. Autrement dit, une fois le processus de croissance amorcé, il s'auto-entretient.

La théorie de la croissance exogène est une théorie économique expliquant le rôle déterminant du progrès technique dans la croissance économique puis expliquant ce qui engendre ce progrès technique. Puisqu'elle indique que le progrès technique est engendré par croissance économique elle-même, cette théorie explique par conséquent l'origine endogène de la croissance économique. La théorie de la croissance endogène complète donc la théorie de la croissance exogène, qui ne donnait pas d'explication au progrès technique, en terminant le raisonnement.

La croissance favorise l'accumulation de différents capitaux (productif, technologique, humain, public, etc.) qui dynamise le progrès technique. L'augmentation de la productivité globale des facteurs de production qui en résulte engendre alors de la croissance intensive qui nourrit la croissance totale.


cycle du crédit

Retour avec une périodicité et une ampleur relativement régulière de phase d'expansion du crédit (mise à disposition d'argent sous forme de prêt, consentie par un créancier à un débiteur) et de contraction du crédit.

Le cycle du crédit explique en partie l‘aspect cyclique de la croissance.


déclassement

Fait de régresser dans la hiérarchie sociale (=mobilité sociale descendante = Démotion sociale).


défaillance du marché

Situation dans laquelle le marché (lieu réel ou fictif de rencontre de l'offre et de la demande d'un produit) ne permet pas d'atteindre un optimum d'utilité pour la société toute entière (situation sous-optimale) du fait d'une mauvaise allocation des ressources.

Chacun peut avoir sa propre idée de ce que devrait être l'allocation optimale des ressources. Il est donc difficile de déterminer ce que serait une allocation optimale. Même le critère de Pareto est difficilement utilisable : l'allocation serait optimale selon ce critère s'il est impossible d'améliorer la situation d'au moins une personne sans que la situation des autres ne soit dégradée.

La non internalisation de coûts (non prise en compte des externalités) dans le prix est une défaillance du marché dans la mesure où si elle conduit à la disparition d'une ressource rare, le prix, anormalement bas, n'indique pas quant à lui cette rareté (disparition du signal d'alarme que constitue l'augmentation du prix). Si l'ensemble des coûts avaient été intégrés dans le prix, ce dernier aurait augmenté, ce qui aurait engendré une diminution de la demande donc la préservation de la ressource.


déflation

Diminution du niveau général des prix (le taux d'inflation est donc strictement négatif).


délocalisation

Fait qu'une entreprise ferme un établissement dans un pays pour en ouvrir un dans un autre pays. Il s'agit donc de modifier la localisation de la production.

Tous les investissements directs à l'étranger (IDE) ne traduisent pas des délocalisations (création d'un établissement supplémentaire à l'étranger par exemple).


demande

Quantité d'un produit qu'un agent économique ou que la totalité des agents économiques appartenant au groupe étudié désire(n)t acheter à un certain prix.

Lorsque l'on éudie la demande à un moment donné, le prix dont il est question est le prix en vigueur. Il s'agit du prix moyen en vigueur si l'on étudie la demande au cours d'une période.
Une courbe de demande indique quant à elle la demande qui existerait pour chaque prix possible.


demande anticipée (demande effective, demande anticipée)

La demande anticipée (appelée demande effective par John Maynard Keynes) est la demande prévue par les entrepreneurs.

J.-M. Keynes la dit effective car c'est elle qui produit un effet sur l'investissement dans un premier temps puis sur la production dans un second temps de l'entrepreneur. La demande effective précède donc la production et la demande proprement dite.




demande de travail (offre d'emploi)

Quantité de travail (envisagé comme facteur de production) que les employeurs désirent acquérir à un certain prix (le salaire).


demande globale

La demande individuelle est la quantité d'un produit que l'agent économique étudié désire acheter à un certain prix.
La demande globale est la demande au niveau macroéconomique, c'est-à-dire pour la totalité des agents économiques étudiés.
Elle résulte donc de l'addition de l'ensemble des formes de demande adressées à l'économie considérée par l'ensemble des agents économiques, tant ceux appartenant à l'économie considérée (demande intérieure) que ceux appartenant au reste du monde (demande extérieure).
La demande globale inclut :

- la consommation finale des ménages,

- l'investissement (demande de biens d'équipement de la part des entreprises et des institutions sans but lucratif au service des ménages ainsi que les dépenses en logements des ménages),

- la dépense publique (demande des administrations publiques)

- et les exportations nettes des importations (on retire les importations car il s'agit de produit demandés au reste du monde et pas à l'économie étudiée).


dépression (dépression économique)

Période pendant laquelle la croissance est fortement et durablement négative (récession particulièrement prononcée) si bien que cela produit des effets négatifs importants dans la société : très fort niveau de chômage pendant de nombreuses années, réduction du niveau de vie, etc.

La récession ou la dépression constitue l'une des phases d'un cycle économique.


désaffiliation (désaffiliation sociale)

Concept sociologique de Robert Castel. Processus d’affaiblissement des liens entretenu par un individu avec les autres membres de la société. Cette dégradation de l'intégration résulte de la perte de la protection collective associée à l'emploi occupé (axe travail : emploi/absence d'emploi en passant par des formes instables d'emploi) et de la protection privée (axe sociabilité : lien relationnel fort avec la famille, les amis, etc./isolement en passant par des formes instables de sociabilité). Ce processus mène donc, sans forcément aller à son terme, de l'intégration vers l'exclusion :

- être dans la zone d'intégration signifie que l'on dispose des garanties d'un travail permanent et que l'on peut mobiliser un réseau relationnel solide (forte sociabilité) ;

- la zone de vulnérabilité associe précarité du travail et fragilité relationnelle ;

- la zone de désaffiliation conjugue absence de travail et isolement social. L'individu est marginalisé.
L'exclusion, rare, doit être vue comme la forme la plus prononcée de marginalisation donc de désaffiliation sociale. L'individu désaffilié est ni totalement dedans, ni totalement dehors. L'individu exclu est quant à lui dehors.


désincitation

Encouragement à ne pas faire quelque chose, sans obligation.


désinflation

Diminution du taux d'inflation. Le niveau général des prix continue d'augmenter (il y a de l'inflation) mais moins rapidement qu'auparavant (le taux diminue donc tout en restant positif).


développement

1 - Lorsque le développement est considéré comme un état, il s'agit d'un état de bien-être partagé par l'ensemble de la population étudiée, notamment grâce à la satisfaction des besoins fondamentaux de tous.

2 - Le développement peut également être vu comme le processus de transformations structurelles de la société à l'origine de l'état de développement défini précédemment.


développement durable (développement soutenable)

Fait que l'ensemble de la population bénéficie d'un haut niveau de bien-être en pouvant satisfaire ses besoins fondamentaux (développement humain) tout en s'assurant que le niveau de développement des générations futures sera au moins aussi élevé que celui des générations présentes.


différenciation sociale

Fait que des caractéristiques distinguent des groupes d'individus les uns des autres, en fonction d'un critère particulier (sexe, âge, appartenance ethnique, religieuse, régionale, etc.).


discrimination

Fait de refuser d'attribuer un avantage à un individu sur la base d'un critère considéré comme injuste car sans rapport avec le choix à opérer et/ou ne dépendant pas de la volonté de l'individu écarté.




disqualification (disqualification sociale)

Concept sociologique de Serge Paugam. Processus d’affaiblissement des liens entretenu par un individu avec les autres membres de la société. Cette dégradation de l'intégration résulte de la perte de la protection offerte par la société et de la perte de la reconnaissance sociales. Ce processus mène donc, sans forcément aller à son terme, de l'intégration vers l'exclusion.

La disqualification sociale montre comment un pauvre acquiert et intériorise le statut de pauvre. Si les pauvres, parce qu'ils sont assistés, ont un statut social dévalorisé, ils restent malgré tout pour la plupart membres de la société dont ils constituent la dernière strate. En ce sens s'ils sont disqualifiés, ils ne sont pas exclus.
Serge Paugam indique que la disqualification sociale comporte 3 étapes, dont l'enchaînement n'est pas inéluctable :

- la fragilité qui rapproche progressivement des travailleurs sociaux ;

- la dépendance qui lie aux travailleurs sociaux ;

- la rupture qui éloigne des travailleurs sociaux lorsque les droits aux aides arrivent à leur terme et/ou que le regard du travailleur social change pour devenir stigmatisant
Cette phase peut mener certains individus à l'exclusion. L'individu est marginalisé.
L'exclusion, rare, doit être vue comme la forme la plus prononcée de marginalisation donc de disqualification sociale. L'individu disqualifié est ni totalement dedans, ni totalement dehors. L'individu exclu est quant à lui dehors.

«La disqualification sociale c'est le discrédit de ceux dont on peut dire qu'ils ne participent pas complètement à la vie sociale». Serge Paugam, La disqualification sociale, PUF, 1991


DIT (division internationale du travail)

Dans le cadre de la division du travail, processus par lequel les individus ou les pays développent une activité pour laquelle ils disposent d'une compétence ou d'un avantage particulier, en abandonnant les autres activités (spécialisation) et échangent entre eux la production réalisée afin de se procurer l'ensemble des produits dont ils ont besoin (échange international)..


dotation factorielle

Quantité de facteurs de production dont dispose un pays.Cette quantité peut être pondérée par la qualité des facteurs de production.


droit de propriété

Règle indiquant qu'une entité physique ou morale* peut posséder une chose (voire une personne), c'est-à-dire qu'elle peut en disposer (l'utiliser, la modifier, la détruire, la louer, la vendre) librement et exclusivement** (sous certaines contraintes légales et réglementaires : il est par exemple interdit de torturer un animal que l'on possède).

* entité physique = individu.
entité morale = quelque chose n'étant pas un individu mais étant considérée comme tel, en étant comme lui titulaire de droits et de devoirs (une entreprise par exemple, susceptible d'être poursuivie en justice comme un individu le serait)

** les autres entités physiques et morales ne sont pas titulaires de ces droits sur cette chose (ou cette personne).

En droit français, les droits de propriété traditionnels comprennent 3 éléments fondamentaux :

- l'usus : le droit d'utiliser et de contrôler l'utilisation de la propriété ;

- le fructus : le droit à tout profit provenant de la propriété ;

- l'abusus : le droit de modifier, de détruire ou de transférer la propriété.

Le droit de propriété peut être démembré et donc une personne pourra n'exercer qu'une partie des droits mentionnés ci-dessus. Par exemple, une propriété peut voir sa nue-propriété détenue par une personne (qui pourra la vendre mais pas s'en servir : abusus uniquement), son usufruit détenu par une deuxième (usus et en général fructus), et être louée à une troisième (tout ou partie du fructus pour le bailleur, usus et éventuellement une partie du fructus pour le locataire).

Le droit de propriété crée une exclusivité, le droit d'exclure autrui de la propriété (notamment dans le cas de lieux : clôture). D'une façon générale, la propriété rend responsable des dégâts et nuisances causées par les biens dont on est propriétaire. À la notion de propriété sont donc attachés les devoirs du bon père de famille (notions de jouissance paisible, bon voisinage, etc.).

Le droit de propriété peut différer selon la nature de ce qui est possédé (propriété intellectuelle par exemple pour les créations de l'esprit).

Le brevet est un droit de propriété temporaire sur une innovation afin d'inciter les agents économiques à innover et ainsi à dynamiser la croissance économique. Le brevet rend en effet l'innovation hautement profitable par le monopole temporaire qu'il engendre.


échanges internationaux (commerce international, échange international)

Désigne tous les échanges de produits se traduisant par le franchissement d'une frontière, donc tous les échanges de produits entre Etats.


écologique

Relatif au mouvement visant à concilier l'épanouissement durable de l'être humain et la préservation d'un cadre naturel de vie nécessaire à cet épanouissement.


économie

Système visant à lutter contre la rareté afin de satisfaire au mieux les besoins humains. Au coeur de ce système se trouvent le système productif et les mécanismes de distribution.


économie du développement durable

Organisation de la production compatible avec le développement durable.

(voir développement durable).


économie globale

Réunion de l'ensemble des économies nationales et régionales dans une vaste économie planétaire unifiée.

L'économie globale est notamment le fruit de mondialisation permise par la libéralisation des échanges, du développement des moyens de transport et des retombées des technologies de l'information et de la communication.


effet pervers

Situation défavorable involontaire engendrée par une action.




égalité

Situation dans laquelle chacun est traité de la même façon que les autres.

On distingue principalement 3 formes d'égalité :

- des droits. Situation telle que chacun est traité de la même façon que les autres par la loi et par les règlements. Il a donc les mêmes droits (possibilité accordée par les pouvoirs publics de jouir d'un avantage) et les mêmes devoirs (obligation définie par les pouvoirs publics) que les autres.

- des chances. Situation telle que les individus disposent des mêmes probabilités d'atteindre un certain statut social, indépendamment de leur origine sociale, de leur sexe, de leur lieu de naissance, de leur conviction religieuse, d'un éventuel handicap, etc., i.e. indépendamment de la situation fortuite dans laquelle ils se trouvent. Il s'agit d'une égalité des moyens de parvenir à un résultat donné.

- des situations. Situation telle que tous les individus sont placés dans les mêmes conditions d'existence (accès aux ressources, économiques, culturelles, sociales, symboliques, etc.). Il s'agit d'une égalité des résultats obtenus.


égalité des chances

Egale probabilité de réussir ou d'échouer pour deux personnes, quelle que soit leur origine sociale ou leur genre par exemple.


égalité des droits (égalité juridique, égalité devant la loi)

Principe selon lequel tout individu doit être traité de la même façon que les autres face à la loi.

L'égalité des droits apparaît en France, en tout cas sous sa forme théorique, en France avec la disparition des privilèges garantis par la loi.


égalité des situations (égalité réelle)

Situation dans laquelle il n'existe plus aucune inégalité entre les individus, dans les faits. L'ensemble des individus peuvent donc accéder de la même façon aux ressources socialement valorisées.


emploi

1 Au sens premier, l'emploi est la façon d'utiliser une chose. Dans ce sens, en comptabilité, l'emploi est le fait d'affecter des ressources à une certaine utilisation. Le terme «emploi» dans l'expression «équilibre emplois-ressources» correspond à cette définition.

2 Activité professionnelle rémunérée d'un individu (ensemble de tâches et de compétences nécessaires pour les mener à bien, tâches effectuées en dehors du cadre de l'autoconsommation et en vue d'une rémunération).

3 Dans un sens qualitatif, ensemble des caractéristiques de l'activité professionnelle exercée par un individu (statut d'indépendant ou de salarié, durée du contrat de travail, durée hebdomadaire de travail, niveau de rémunération, etc.).

4 Dans un sens macroéconomique quantitatif, totalité des activités professionnelles rémunérées d'une économie.


environnement

Milieu naturel dans lequel vit l'Homme.


Etat

1 Un Etat est une unité politique au sens d'une collectivité humaine qui, sur un territoire déterminé, est régie par des lois qui lui sont propres et soumise à un gouvernement chargé de les produire et de les faire respecter.

2 L'Etat désigne également la personne morale qui, sur le plan juridique, représente la collectivité humaine vivant à l'intérieur de ce territoire et qui exerce sur elle le pouvoir suprême par le biais d'institutions spécifiques. L'Etat dispose pour exercer ce pouvoir d'un certain nombre de monopoles comme celui de l'utilisation légitime de la contrainte physique.


État-providence (welfare state)

On parle d'Etat-providence lorsque les missions de cet Etat vont largement au-delà de ses missions régaliennes (police, justice, armée, émission de monnaie). Il s'agit d'un Etat interventionniste, tant dans la vie économique que sociale (régulation de l'économie, redistribution, production, etc.).


euro (€)

Monnaie unique de l'union économique et monétaire formée par une partie des Etats de l'Union européenne (symbole, €).

Cette monnaie a été créée par le traité de Maastricht (1993). En circulation depuis le 1er janvier 2002, elle existe cependant depuis 1999. L'euro est géré par la Banque centrale européenne (BCE).


externalisation

Fait de faire réaliser tout ou partie de sa production (en général des activités non stratégiques) par une ou plusieurs autres entreprises sous-traitantes.




externalité (effet externe)

Fait que :

- l'activité économique d'un agent économique produit un effet positif sur celle d'un autre agent économique, sans que le second n'ait à rémunérer le premier (externalité positive)

- ou que l'activité économique d'un agent économique produit un effet négatif sur celle d'un autre agent économique, sans que le premier n'ait à indemniser le second (externalité négative).

Les externalités constituent une forme de défaillance du marché. Le prix ne véhicule pas toute l'information nécessaire pour déboucher, par les mécanismes du marché, sur les choix permettant de satisfaire de façon optimale les besoins de l'ensemble de la population. Par exemple, en cas d'externalité négative, le prix de vente est anormalement faible car il n'inclut pas l'indemnisation des agents économiques impactés négativement par la production du produit. Ce prix faible engendre une forte consomamtion et une forte production donc de fortes externalités qui dégradent fortement la situation de certains agents économiques. Et le marché, parce que le prix n'inclut pas cette information, est aveuglé et ne peut pas régler ce problème.


facteur capital (facteur de production capital)

Déterminant de la croissance économique regroupant tout ce qui sert à produire et qui n'est pas du travail.

Il s'agit de l'ensemble des biens et services (autres que le travail) nécessaires au processus productif. Il est souvent, dans un sens plus restreint, pris en considération uniquement les produits qui ne sont pas détruits au cours d'un seul cycle productif, i.e. les biens d'équipement (locaux, machines, etc.).


facteur de production (facteur)

Tout élément permettant de créer un bien ou un service.
On distingue généralement deux facteurs de production :

- le travail

- et le capital (productif).

Lorsqu'elles ne sont pas intégrées au capital productif, les ressources naturelles constituent un troisième facteur de production.


facteur travail (facteur de production travail)

Déterminant de la croissance économique regroupant l'ensemble des capacités physiques et intellectuelles mises en œuvre par des individus dans une activité productive.


finance

La finance recouvre une partie de l'économie.
Il s'agit tout d'abord de permettre le financement, i.e. de fournir l'argent nécessaire à la réalisation d'une opération économique. La finance met pour cela en relation les agents économiques ayant des besoins de capitaux (besoin de financement, comme par exemple les entreprises ou les Etats) et ceux ayant des surplus de capitaux (capacité de financement, typiquement les ménages épargnants), directement (par l'intermédiaire des marchés) ou indirectement (par l'intermédiaire des banques).
La finance permet également l'échange de titres (actions et obligations par exemple) déjà émis dans le cadre de sa mission de financement de l'économie, leur conférant ainsi un certain niveau de liquidité (i.e. qu'elle permet de les échanger rapidement contre de la monnaie).


financier

Relatif à l'argent.


firme multinationale (FMN, firme transnationale, FTN)

Société résidant dans un pays et qui détient plus de 10% du capital dans une autre société résidant dans un autre pays.

Le concept de FTN (firme transnationale) a tendance à remplacer celui de FMN (firme multinationale) car ce dernier terme semble impropre en indiquant que l'entreprise a plusieurs nationalités. En effet il apparaît qu'en pratique la maison mère reste souvent fortement ancrée dans son pays d'origine et ne fait que déployer ses stratégies économiques au-delà des frontières nationales.


fiscalité

Ensemble des impôts et des taxes prélevés par l'Etat et les collectivités locales.


flexibilité du marché du travail

Adaptation rapide et efficace de la quantité et/ou de la qualité du facteur travail.

Elle peut prendre plusieurs formes :

- la flexibilité quantitative externe consiste à faire varier le volume de main d'œuvre en recourant au marché du travail (embauches/licenciements, facilités par le recours au travail précaire) ;

- la flexibilité quantitative interne consiste à faire varier le temps de travail annuel des salariés (annualisation du temps de travail). Elle entraîne des périodes irrégulières de travail ;

- la flexibilité fonctionnelle est l'aptitude à pouvoir faire changer les salariés de poste de travail sans coûts supplémentaires par le développement de la polyvalence ;

- la sous-traitance ou externalisation permet de faire appel à d'autres entreprises pour la réalisation d'une partie de la production ;

- la flexibilité salariale est la possibilité de faire varier les rémunérations.

Voir la défintion de « facteur travail ».


fluctuation économique

Irrégularité conjoncturelle enregistrée dans l'évolution de la production. Elle se traduit par une modification du taux de croissance (de signe et/ou de valeur absolue).




fluidité sociale

La fluidité sociale mesure la force du lien entre le statut social acquis et l"origine sociale : une société parfaitement fluide est une société ou la position sociale des individus est aucunement déterminée par leur origine sociale. Il s'agit d'une société ouverte où les chances d'appartenir à une certaine catégorie sociale sont les mêmes pour tous en fonction de leur mérite (considéré comme indépendant de l'origine sociale mais énamant du seul individu). Il s'agit donc d'un outil d'estimation de l'égalité des chances en matière d'acquisition d'un statut social.
On mesure souvent la fluidité sociale grâce au rapport des chances relatives (odd-ratio, rapport des rapports des chances des deux catégories sociales d'accéder aux « bonnes » situations plutôt qu'aux « mauvaises »), une parfaite fluidité sociale se traduisant par un rapport égal à 1.


flux

Mesure au cours d'une période donnée (elle indique donc une variation, ce qu'il y a en plus ou en moins en fin de période par rapport à ce qu'il y avait en début de période).


fonction de production

Représentation mathématique de la relation entre la quantité maximale de biens ou de services fabriqués et la quantité de chaque facteur de production utilisé pour les fabriquer.

Elle s'écrit, d'une manière générale, dans le modèle de (Robert) Solow,
Y = A f(K, L) où :

- K représente la quantité de capital (productif) utilisée ;

- L représente la quantité de travail utilisée ;

- Y représente la quantité maximale produite ;

- A représente l'état de la technologie (productivité globale des facteurs de production) ;

- f est la notation de la fonction, c'est-à-dire la représentation du calcul à effectuer pour trouver Y à partir (on peut également dire « en fonction ») de K et de L.


gain à l'échange

Fait que lorsque deux agents économiques se spécialisent chacun dans une ou plusieurs productions et échangent les produits ainsi réalisés (afin d'obtenir les produits qu'ils ne fabriquent plus en échange des produits qu'ils ont en surplus), ils obtiennent globalement davantage de richesse que s'ils produisaient tout eux-mêmes et ne réalisaient pas d'échanges.

Même en l'absence de spécialisation il existe un gain qualitatif grâce à la plus grande diversité de produits offerts aux consommateurs.

L'un des deux agents éonomiques peut ne pas être gagnant, l'autre agent économique confisquant, grâce à un rapport d'échange avantageux, la totalité du gain à l'échange (voire s'emparant de davantage de richesse que celle correspondant au gain à l'échange, rendant ainsi l'autre agent économique plus pauvre que s'il ne se spécialisait pas et n'échangeait pas).


gaz à effet de serre (GES)

Gaz (corps qui occupe la totalité du volume de tout récipient dans lequel il est enfermé, les atomes et les molécules qui le composent étant très faiblement liés entre eux) qui absorbent le rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre et qui contribuent ainsi au réchauffement de l'atmosphère terrestre (la manière d'une serre dans laquelle la chaleur est piégée par les parois). La concentration de certains de ces gaz augmente fortement depuis le début de la révolution industrielle car ils sont massivement émis à l'occasion de l'activité productive humaine (dioxyde de carbone/CO2 et méthane/CH4 notamment). Le réchauffement climatique très rapide que la planète connaît depuis quelques décennies est attribué à ce phénomène.


gestion de l'emploi

Ensemble des décisions concourant à déterminer la quantité et la qualité des emplois offerts dans une unité de production ou dans une économie.
La gestion de l'emploi est à la fois le fait d'ajustements automatiques sur le marché du travail et de la négociation entre les partenaires sociaux, l'Etat jouant parfois le rôle d'arbitre.


groupe d'appartenance (groupe social d'appartenance)

Le groupe social d'appartenance d'un individu est le groupe social dans lequel cet individu est principalement et objectivement inséré dans la mesure où il partage les caractéristiques (économiques, culturelles, politiques, symboliques, etc.) des membres de ce groupe et qu'il est reconnu comme tel par les autres (qu'il le veuille ou non).


groupe de référence (groupe social de référence)

Le groupe de référence est le groupe social auquel un individu souhaite appartenir : il tente alors de se comporter comme les membres de ce groupe et de s'y insérer en adoptant ses valeurs et ses normes ainsi que ses façons de voir, de penser et d'agir. C'est le groupe social auquel l'individu désire, voire croit, appartenir.


groupe de statut

Concept de Max Weber. Ensemble d'individus regroupés par le sociologue parce qu'ils ont un même niveau de prestige (reconnaissance attribuée par la société à un individu).

Le statut caractérise l'individu essentiellement d'après le choix d'un style de vie (manière d'utiliser son temps libre, de consommer, de s'exprimer, etc.). Les groupes de statut sont davantage des groupes réels que les classes sociales telles qu'elles sont définies par Max Weber. Ce sont des communautés, qui partagent les mêmes valeurs, les mêmes normes et ce faisant le même style de vie et un sentiment d'appartenance. Ils sont relativement fermés sur l'extérieur.

Les groupes de statut sont les catégories sociales de la stratification d'ordre social chez Max Weber (les classes sociales sont celles de la stratification économique et les partis politiques celles de la stratification politique).


groupe social

Ensemble d'individus relativement homogènes sur le plan de leurs ressources et de leurs façons de voir, de penser et d'agir et entretenant durablement des relations entre eux, au point de développer un certain degré de conscience d'appartenir à cet ensemble. Cette unité sociale est reconnue comme telle par ceux qui appartiennent aux autres groupes sociaux. L'existence de plusieurs groupes sociaux permet aux membres de chaque groupe social de se définir par opposition à ceux des autres groupes sociaux, et d'accentuer ainsi leur sentiment d'appartenance.




hétérogénéité du facteur travail (hétérogénéité du travail)

Fait qu'il n'existe pas un seul marché du travail mais plusieurs, plus ou moins cloisonnés, dans la mesure où les salariés ne sont pas substituables du fait de qualifications (ou plus largement de dotation en capital humain) très différentes.


IDH (indice de développement humain)

Indicateur synthétique créé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) afin de mesurer le degré de développement humain sur un territoire donné.

Il varie de 0 à 1 et résulte de la combinaison :

- d'une dimension économique, le niveau de vie, mesuré par un indicateur, le RNB/revenu national brut PPA/en parité de pouvoir d'achat par habitant, comptant pour 1/3 de l'IDH ;

- et de deux dimensions sociales (comptant chacune pour 1/3 de l'IDH) que sont :

  - la longévité, mesurée par un indicateur, l'espérance de vie à la naissance ;

  - et le niveau d'instruction, mesuré par 2 indicateurs :
    - la durée moyenne de scolarisation des adultes (moyenne du nombre d'années d'éducation qui ont été dispensées aux adultes de 25 ans ou plus)
    - et la durée escomptée de scolarisation pour les enfants (nombre d'années de scolarisation dont un enfant en âge d'entrer à l'école peut espérer bénéficier si les taux de scolarisation par âge ne changent pas).


incitation

Encouragement à faire quelque chose, sans obligation.


primat de l'individu (individualisme, primat de l'individu)

Fait que l'individu ait une forte autonomie (indépendance) par rapport aux groupes sociaux auxquels il appartient et aux normes qu'ils véhiculent.


inégalité

Différence se traduisant par un accès plus ou moins aisé à des ressources (richesse, pourvoir, prestige, etc.).


inégalité économique

Différence se traduisant par un accès plus ou moins aisé à des ressources économiques, i.e. à des produits susceptibles de satisfaire des besoins.


inégalité sociale

1 Au sens large, différence se traduisant par un accès plus ou moins aisé à des ressources, quelles qu'elles soient (de nature économique ou pas).2 Au sens étroit, différence se traduisant par un accès plus ou moins aisé à des ressources autres que directement économiques : pouvoir, prestige, santé, instruction, etc.


inflation

Au sens strict, augmentation du niveau général des prix (le taux d'inflation est donc strictement positif).

Au sens large, variation du niveau général des prix (le taux d'inflation peut alors être négatif, ce qui correspond, au sens strict du terme, à une situation de déflation).


instance d'intégration

Institution favorisant l'intégration sociale, c'est-à-dire le développement des liens sociaux permettant de reliant fortement les individus les uns aux autres.


institution

1 Ensemble de règles relativement stables qui régissent les interactions des individus (règles du jeu qui s'imposent à tous).

Une définition plus restreinte largement utilisée dans les travaux récents sur les déterminants du développement économique limite le champ d'étude à la protection des droits de propriété, à l'application équitable des lois et règlements et à la corruption.

2 Pour Emile Durkheim, manières collectives de penser et d'agir qui s'imposent aux individus. Il définit alors la sociologie comme la science des institutions.

3 La science politique définit l'institution comme les mécanismes légitimes de construction du pouvoir et de la prise de décision. En ce sens, les institutions sont des ensembles de procédures politiques susceptibles de transformer les conflits en négociations, de représenter des intérêts, de produire une représentation de l'intérêt général surmontant le fractionnement de la société. C'est, généralement, ce sens de la notion d'institution qui est mobilisé quand on parle de l'institutionnalisation des conflits sociaux.

4 Erving Goffman définit la notion d'institution totale comme un lieu de résidence et de travail où un grand nombre d'individus, placés dans la même situation, coupés du monde extérieur pour une période relativement longue, mènent ensemble une vie recluse dont les modalités sont explicitement et minutieusement réglées (prison, institut psychiatrique, etc.).




intégration

Rassemblement de différents éléments pour former un tout ou augmentation de la la cohérence d'un tout déjà existant. L'intégration économique vise à faire de plusieurs Etats un espace économique unique. L'intégration politique est souvent l'étape suivante : elle consiste à faire en sorte que la prise de décision, au-delà des aspects purement économiques, se fasse à l'échelle supranationale.

Pour Bela Balassa, il existe 5 phases d'intégration économique :

- la zone de libre-échange qui correspond à une suppression des droits de douanes et des limitations quantitatives d'importations entre les pays membres ;

- l'union douanière qui est une zone de libre-échange dotée d'un tarif extérieur commun (TEC) ;

- le marché commun, une union douanière où les facteurs de production peuvent circuler sans entraves d'un pays à l'autre ;

- l'union économique, un marché commun marqué par l'harmonisation des politiques économiques des différents États-membre ;

- l'union économique et monétaire, union économique qui se dote d'une monnaie et donc d'une politique monétaire commune.


intégration sociale

Etat d'un groupe social dont les différents membres sont fortement liés les uns aux autres (à l'opposé d'un état de ségrégation).


internationalisation de la production (décomposition internationale du processus productif, DIPP, mondialisation de la production)

Fait que le processus productif est découpé en plusieurs étapes, réalisées dans des Etats différents. On parle également de décomposition internationale du processus productif (DIPP).


investissement

1 L'investissement désigne au sens le plus large du terme toute opération visant à maintenir ou augmenter un stock de capital.

2 Au sens restreint, l'investissement consiste uniquement en l'acquisition de biens d'équipement (il ne concerne donc que le capital productif).
Le seul investissement des ménages (au sens strict, hors ménages entrepreneurs) est alors l'acquisition ou la rénovation de logements.


justice sociale

Ensemble de principes moraux (en rapport avec ce qui est considéré comme bien) indiquant ce qui est dû à chacun. Notion subjective (dépendant des préférences de ceux qui la définissent), la justice sociale implique une réflexion sur les inégalités, en particulier sur celles considérées comme inacceptables, i.e. injustes, et devant être corrigées.


libre-échange

Doctrine suivant laquelle l'ouverture des Etats au commerce international, par l'abolition de toutes les barrières aux échanges, serait source d'une allocation optimale des facteurs de production à l'échelle mondiale, de croissance et de développement.


lien social

Ensemble des relations qu'entretient un individu avec les autres membres du groupe social auquel il appartient et qui l'unissent à ces derniers.

On distingue les liens :

- de sociabilité. Ce lien désigne toutes les relations qui n'ont pas d'autre raison d'être que la relation elle-même (envie de faire partie de la collectivité) ;

- marchands. Ce lien résulte d'un échange permettant de se procurer un produit que l'on n'a pas produit soi-même.

- politiques. Ce lien désigne toutes les relations entre les citoyens, i.e. les relations ayant trait au pouvoir (de prendre des décisions au nom de tous) au sein d'un vaste groupe social.

- etc. (religieux, familiaux,…).


marché

Lieu, réel ou fictif, où se rencontrent l'offre et la demande d'un produit afin d'en déterminer les quauntités échangées et le prix.


marché de quotas d'émission (marché de droits à polluer, marché de droits d'émission, marché de permis de polluer, marché de permis d'émission, bourse de quotas d'émission, bourse de droits à polluer, bourse de droits d'émission, bourse de permis de polluer, bourse de permis d'émission)

Lieu fictif où se rencontrent l'offre et la demande de droits d'émission (droits à polluer émis par les pouvoirs publics). Comme sur n'importe quel marché, cette rencontre fixe le prix du produit échangé en accord avec la loi de l'offre et de la demande. Cela permet de donner un prix à la pollution et d'internaliser cette externalité négative (ce qui remédie à une défaillance du marché).

Il s'agit en d'autres termes d'appliquer le principe « pollueur-payeur » : la pollution, une fois internalisée, augmente le coût de production donc le prix de vente du produit polluant, ou son coût d'utilisation ; la demande de ce produit doit alors diminuer ainsi que la pollution qu'il engendre.


marché du travail

Lieu fictif de rencontre entre les demandeurs de travail (employeurs potentiels) et les offreurs de travail (salariés potentiels).




marché intérieur

Ensemble des Offres et des demandes d'un Etat ou une zone régionale.
Au niveau européen, le marché intérieur, aussi appelé « marché unique », est le marché unique qui regroupe les anciens marchés nationaux des États membres de l'Union européenne. En son sein, les biens, les services, les capitaux et les personnes (les « quatre libertés ») circulent librement.

Le marché intérieur s'oppose au marché extérieur, ensembel des offres et des demandes en dehors du territoire considéré.


mécanisme cumulatif (cumulatif, cercle, boucle de rétroaction)

Se dit d'un enchaînement autoentretenu de causes et d'effets formant une boucle de rétroaction, dans laquelle l'effet a lui-même un effet sur sa propre cause (si ça c'est pas de la belle définition !).

Lorsque cet enchaînement dégrade la situation, on parle de cercle vicieux (ou de boucle de rétroaction critique ou d'enchaînement diabolique, d'effet boule de neige ou encore de spirale vicieuse). Lorsqu'il améliore la situation, de cercle vertueux (ou de boucle de rétroaction positive ou d'enchainement vertueux ou encore de spirale vertueuse).

Les mécanismes cumulatifs expliquent l'ampleur des variations à la hausse et à la baisse (de la production par exemple), donc le fait que les cycles soient particulièrement marqués.


méritocratie

Fait d'attribuer les statut sociaux en fonction uniquement du mérite de chacun, le mérite étant un concept subjectif indiquant la valeur d'un individu (le mérite étant fréquemment défini comme les efforts et/ou le talent dont fait preuve un individu).


mobilité intra-générationnelle (mobilité sociale intra-générationnelle)

Tout changement de catégorie sociale au cours de la vie d'un individu.


mobilité observée (mobilité sociale observée)

Il s'agit de l'ensemble des changements de catégorie sociale enregistrés par les sociologues à l'intérieur d'une société. Ces changements sont comptabilisés dans une table de mobilité (mobilité totale ou brute). On obtient alors la mobilité observée d'une catégorie sociale grâce au complément à 100 de la valeur se trouvant sur la diagonale nord-ouest/sud-est de la table de mobilité.


mobilité ascendante (mobilité sociale ascendante)

Changement de position sociale vers une position sociale considérée comme plus élevée dans la stratification sociale.


mobilité descendante (mobilité sociale descendante)

Changement de position sociale vers une position sociale considérée comme plus basse dans la stratification sociale.


mobilité géographique

Modification de la situation géographique d'un individu, du lieu où l se trouve. Elle comprend :

- d'une part, la mobilité résidentielle, qui correspond à un changement de résidence principale au sein d'un même pays ;

- d'autre part, les migrations qui désignent un changement de pays de résidence ;

- enfin la mobilité quotidienne, qui désigne les déplacements effectués dans la journée.

Cette forme de mobilité peut ou non engendrer de la mobilité sociale selon qu'elle modifie ou pas la catégorie sociale d'appartenance.


mobilité horizontale (mobilité sociale horizontale)

Changement de catégorie sociale dans une société sans que ce changement ne se traduise par un déplacement significatif dans la hiérarchie sociale.

Si un ouvrier devient employé, il est ainsi difficile de parler de réelle mobilité sociale verticale car les ouvriers et les employés sous caractérisés par une faible qualification, un faible niveau hiérarchique et de faibles revenus.

La mobilité sociale horizontale s'oppose à la mobilité sociale verticale.


mobilité professionnelle

Changements de situation dans l'emploi, i.e. de la situation d'activité (inactif, chômeur, actif occupée) et/ou de la profession exercée.

Cette forme de mobilité peut ou non engendrer de la mobilité sociale selon qu'elle modifie ou pas la catégorie sociale d'appartenance. Lorsque le changement de profession ne change pas la position sociale occupée dans la stratification sociale, on parlera de mobilité sociale horizontale.




mobilité sociale

Tout changement de statut social d'un individu.


mobilité verticale (mobilité sociale verticale)

Tout changement de catégorie sociale qui se traduit par une progression ou une régression dans la hiérarchie sociale. Elle est alors respectivement ascendante et descendante.


modèle économique (business model, système économique)

1 - Représentation d'une économie sous forme simplifiée permettant aux économistes de prévoir certains phénomènes économiques et de prendre des décisions favorables (par exemple le modèle économique néo-classique, le modèle économique keynésien, etc.).

2 - En économie politique, description du mode de fonctionnement particulier d'une économie (par exemple, le modèle rhénan, le modèle anglo-saxon, etc.).

3 Business model - En entreprise, document de référence explicitant l'origine et le partage de la valeur ajoutée dégagée par celle-ci.


mondialisation (globalisation)

Processus historique par lequel les différents Etats voient leur dépendance mutuelle s'accroître sur des distances croissantes en dessinant ainsi progressivement une unité mondiale. La mondialisation ne se limite pas à l'internationalisation des échanges de produits mais elle s'étend plus largement au financement (globalisation financière), au domaine culturel (homogénéisation culturelle au-delà des seuls échanges de biens culturels), politique (gouvernance mondiale), etc.


monnaie unique

Monnaie partagée par plusieurs Etats (les anciennes monnaies propres à chaque Etat ayant disparu).

On distingue monnaie unique et monnaie commune.


mouvement social

Forme d'action collective dans laquelle un groupe d'individus partageant des valeurs se mobilisent en ouvrant un conflit afin de les imposer au reste de la société.

Par exemple : les mouvements de salariés (ouvriers notamment), de chômeurs, les mouvements féministes, les mouvements étudiants, les mouvements écologistes, les mouvements pacifistes, le mouvement alter mondialiste, le mouvement consumériste, les luttes du logement, le mouvement de défense des valeurs familiales traditionnelles, les mouvements antiracistes, etc.

Selon Alain Touraine tout mouvement social revêt 3 caractéristiques particulières :

- le principe d'identité, le mouvement doit définir au nom de qui et que quoi (valeurs) il parle

- le principe d'opposition : le mouvement doit très clairement identifier un adversaire

- le principe de totalité : le mouvement doit proposer un projet alternatif de société.


négociation salariale

Discussions menées entre les partenaires sociaux pour déterminer les niveaux de salaires (et donc la répartition de la valeur ajoutée entre le facteur travail et le facteur capital) ou les conditions de travail.


néo-classique (néoclassique, école néoclassique)

Courant de pensée économique né au début des années 1870 (et dont la fin, si fin il y a, est difficile à déterminer) et s'inspirant du courant marginaliste. Ils étudient grâce aux mathématiques la maximisation de l'utilité par des agents économiques rationnels dans un cadre marchand et microéconomique.


offre

Quantité d'un produit qu'un agent économique ou que la totalité des agents économiques appartenant au groupe étudié désire(n)t vendre à un certain prix.

L'offre (sous-entendu de produits) correspond à la production (puisqu'avant de vendre un produit, il faut en premier lieu le produire).

Lorsque l'on étudie l'offre à un moment donné, le prix dont il est question est le prix en vigueur. Il s'agit du prix moyen en vigueur si l'on étudie l'offre au cours d'une période.
Une courbe d'offre indique quant à elle l'offre qui existerait pour chaque prix possible.


offre de travail (demande d'emploi)

Quantité de travail (envisagé comme facteur de production) que les salariés et les chômeurs désirent vendre à un certain prix (le salaire).




paradoxe d'Anderson

Constat qu'à niveau de diplôme égal, l'enfant n'occupe pas forcément le même statut social que le parent. Le statut social acquis peut être égal mais aussi supérieur ou inférieur. Le déclassement lié à la dévalorisation des diplômes au fur et à mesure que le nombre de diplômés augmente (quand le besoin de main d'œuvre nécessitant ce diplôme diminue, stagne ou augmente plus lentement) correspond à ce dernier cas.


partenaires sociaux

L'expression «partenaires sociaux» désigne les syndicats de salariés et les organisations patronales. Ces derniers doivent négocier pour s'entendre, notamment sur le partage de la valeur ajoutée, créée par une combinaison productive qui associe nécessairement à la fois le travail apporté par les salariés et le capital productif apporté par les employeurs.


pathologie sociale

Dysfonctionnement au sein de la société, engendrant une réduction du bien-être des individus qui la composent.

Pour Emile Durkheim est pathologique ce qui dépasse le niveau habituellement constaté dans une société (ce qui est normalement constaté dans une société étant qualifié de « normal »). Dans ce cadre, le conflit devient pathologique quand son ampleur devient anormalement importante.


pauvreté

Situation d'un individu qui ne dispose pas de ressources suffisantes soit pour satisfaire ses besoins fondamentaux (pauvreté absolue) soir pour vivre dignement dans une société donnée (pauvreté relative).

Un individu (ou un ménage) est considéré comme pauvre lorsqu'il vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Dans l'approche en termes relatifs (pauvreté par rapport à ses concitoyens), le seuil de pauvreté est en général égal à 60 % de la médiane des niveaux de vie.


PIB (produit intérieur brut)

Pour un territoire et une période donnés, agrégat des valeurs ajoutées brutes des unités de production résidentes au cours de la période considérée. Il est évalué au prix du marché (il intègre donc la TVA par exemple) et il est dit brut car on ne lui a pas soustrait l'amortissement.


politique

Nom (une politique)
Ensemble de mesures prises par les administrations publiques afin d'atteindre un objectif.

Adjectif
Relatif au pouvoir exercé au sein d'une vaste collectivité.


politique budgétaire

Une politique budgétaire est une politique économique conjoncturelle particulière. Elle consiste en l'ensemble des décisions des administrations publiques visant à utiliser leur budget (ensemble de leurs recettes et de leurs dépenses) afin d'améliorer les principaux indicateurs macroéconomiques (taux de croissance, taux de chômage, taux d'inflation, solde extérieur) sur le court et/ou moyen terme. Elle agit notamment sur le niveau de la demande globale et le niveau de rentabilité des entreprises.

Un déficit budgétaire (dépenses supérieures aux recettes) permet d'augmenter les revenus disponibles donc la demande globale et de relancer ainsi l'économie. Au contraire un excédent budgétaire (recettes supérieures aux dépenses) réduit les revenus disponibles et la demande globale, ce qui peut permettre de ralentir le rythme de croissance en cas de surchauffe.


politique monétaire

Une politique budgétaire est une politique économique conjoncturelle particulière. Elle consiste en l'ensemble des décisions des administrations publiques visant à utiliser la masse monétaire (ensemble des instruments de paiement liquides) afin d'améliorer les principaux indicateurs macroéconomiques (taux de croissance, taux de chômage, taux d'inflation, solde extérieur) sur le court et/ou moyen terme. Elle agit notamment sur le niveau de la demande globale et le niveau de profitabilité des entreprises.

Une hausse des taux d'intérêt directeurs se traduit souvent par une hausse des taux d'intérêt des banques commerciales. Le crédit étant devenu plus cher, l'encours des nouveaux crédits diminue. La création monétaire ralentit. Ce qui, en déprimant la demande globale, engendre un ralentissement de l'augmentation du niveau général des prix (désinflation).
Au contraire une baisse des taux d'intérêt directeurs engendre une baisse des taux d'intérêt des banques commerciales, ce qui relance la création monétaire, la demande globale et l'économie dans son ensemble.


politique conjoncturelle

Politique économique visant à améliorer sur le court ou moyen terme terme certains des principaux indicateurs macroéconomiques conjoncturels (taux de croissance, taux de chômage, taux d'inflation, solde extérieur).


politique climatique (politique environnementale climatique)

La politique climatique est une politique environnementale particulière, i.e. un ensemble des mesures prises par les administrations publiques afin d'agir, dans une optique de préservation ou d'adaptation, sur le milieu naturel (environnement) dans lequel vit l'Homme. Ces mesures s'exliquent par le fait que l'environnement influence fortement le niveau de bien-être des populations. Il convient alors d'agir afin de maximiser ce dernier.
La politique climatique consiste plus particulièrement en l'ensemble des mesures prises par les administrations publiques afin d'éviter que le climat (température, précipitations, force des vents, etc.) ne change, en particulier sous l'effet de l'activité productive humaine, et devienne à terme moins propice au bien-être des populations.




politique de flexibilisation du marché du travail

Politique économique structurelle visant à modifier la réglementation afin daccroître le degré de flexibilité du travail dans une optique d'augmentation de la compétitivité des entreprises.

La flexibilité du marché du travail doit permettre l'adaptation du facteur travail aux variations de la demande et des conditions de concurrence subies par les entreprises. La flexibilité peut revêtir de multiples aspects : variation des horaires, des salaires, des effectifs, de l'organisation du travail, etc.


politique de formation

Une politique économique est un ensemble de mesures prises par les pouvoirs publics afin d'améliorer la situation de l'économie, c'est-à-dire la satisfaction des besoins humains sur le territoire considéré. La politique de formation est une politique structurelle, visant à appairer les qualifications individuelles et les qualifications de l'emploi. Il s'agit donc de répondre par une formation plus adaptée à la demande de travail des unités de production. Voire d'augmenter le niveau général de qualification, afin de favoriser l'accumulation de capital humain. Cela passe par la formation initiale, la formation professionnelle et la validation des acquis de l'expérience.


politique de l'emploi

La politique de l'emploi est une politique visant soit à créer des emplois (politique dite active) soit à rendre l'expérience du chômage la moins pénible possible (politique passive, d'indemnisation du chômage par exemple).


politique environnementale

Ensemble des mesures prises par les administrations publiques afin d'agir (dans une optique de préservation ou d'adaptation) sur le milieu naturel (environnement) dans lequel vit l'Homme. Ces mesures s'exliquent par le fait que l'environnement influence fortement le niveau de bien-être des populations et que l'objectif premier des administrations publique est de maximiser ce dernier.


politique macroéconomique (politique de relance, politique macroéconomique de soutien de la demande globale, politique de la demande, politique d'inspiration keynésienne, politique d'expansion, politique expansionniste)

Politique (économique conjoncturelle) visant à dynamiser la croissance économique et ainsi à lutter contre le chômage grâce à l'augmentation de la demande globale ou tout au moins de la demande globale anticipée par les entrepreneurs (demande effective). En effet ces derniers ne produisent davantage, et n'investissent pour produire davantage que s'ils anticipent une demande solvable susceptible de constituer un débouché pour leurs produits. Une politique de relance s'impose donc lorsque c'est la faiblesse de la demande anticipée qui explique la faiblesse de la croissance.

La politique bugétaire et la politique monétaires (moyens d'action conjoncturels des pouvoirs publics) peuvent toutes les deux avoir pour objectif la relance. Cette denrière peut passer par des investissements publics (politique de grands travaux), par une augmentation des minima sociaux et du salaire minimum, par une baisse des impôts sur les ménages (augmentant ainsi leur revenu disponible), par une baisse du taux d'intérêt, par une baisse du taux de change, etc.


politique macroéconomique d'allégement du coût du travail

Une politique macroéconomique d'allégement du coût du travail est une politique économique visant à réduire le coût du travail, i.e. les salaires réels et/ou les cotisations sociales et les impôts et taxes prélevés au prorata de la masse salariale.


politique macroéconomique de soutien de la demande globale (politique de relance, politique de la demande, politique d'inspiration keynésienne, politique d'expansion, politique expansionniste)

Politique (économique conjoncturelle) visant à dynamiser la croissance économique et ainsi à lutter contre le chômage grâce à l'augmentation de la demande globale ou tout au moins de la demande globale anticipée par les entrepreneurs (demande effective). En effet ces derniers ne produisent davantage, et n'investissent pour produire davantage que s'ils anticipent une demande solvable susceptible de constituer un débouché pour leurs produits. Une politique de relance s'impose donc lorsque c'est la faiblesse de la demande anticipée qui explique la faiblesse de la croissance.

La politique bugétaire et la politique monétaires (moyens d'action conjoncturels des pouvoirs publics) peuvent toutes les deux avoir pour objectif la relance. Cette denrière peut passer par des investissements publics (politique de grands travaux), par une augmentation des minima sociaux et du salaire minimum, par une baisse des impôts sur les ménages (augmentant ainsi leur revenu disponible), par une baisse du taux d'intérêt, par une baisse du taux de change, etc.


politique protectionniste (protectionnisme, politique protectionniste)

Doctrine qui avance que le libre-échange ne serait pas toujours source de gains pour tous les pays. Dans certaines situations, une dose de protection de la production nationale contre la concurrence étrangère pourrait alors s'avérer profitable. Le protectionnisme désigne à la fois la doctrine et les mesures prises par les pouvoirs publics dans le cadre de l'application de cette doctrine (barrières tarifaires, quota, etc.).


pouvoirs publics

Ensemble des organisations chargées d'administrer un territoire. Les pouvoirs publics englobent en France l'Etat (gouvernement et administrations relevant de son autorité, autorités administratives indépendantes, agissant au nom de l'Etat comme la CNIL/ Commission nationale de l'informatique et des libertés ou le CSA/Conseil supérieur de l'audiovisuel, etc., Parlement, pouvoir judiciaire, etc.) et les collectivités locales (régions, départements et communes). On peut y ajouter les administrations de protection sociale ou un pouvoir supranational comme celui de l'Union européenne.


précarité

Situation d'un individu dont l'emploi est instable (contrat à durée déterminée/CDD, intérim).

Cette situation se traduit par une situation jugée inacceptable car synonyme d'insécurité, le risque étant de ne plus pouvoir vivre dignement dans la société à laquelle on appartient. Cette insécurité empêche en outre de se projeter dans l'avenir.




prélèvement obligatoire

Somme qu'un agent économique est obligé de verser aux administrations publiques, l'absence de versement étant susceptible de se traduire par une sanction de ces derniers. Les prélèvements obligatoires regroupent les impôts, les taxes et les cotisations sociales.


prestation sociale

Sommes versée par un organisme de protection sociale à un individu touché par un risque social.


prix d'équilibre

Le prix d'équilibre est le prix qui permet d'égaliser les quantités offertes (qui varient en général dans le même sens que le prix) et les quantités demandées (qui varient en général en sens contraire du prix). C'est le seul prix qui satisfait à la fois les offreurs et les demandeurs.


producteur (cartel de producteurs)

Il s'agit d'une entente entre producteurs afin de réduire le niveau de concurrence sur un marché dans l'objectif de s'émanciper des conditions que devrait leur imposer le marché et ainsi défavoriser le consommateur à leur propre profit. Pour cela, les participants peuvent fixer un prix commun, se répartir les marchés ou encore définir entre eux des quotas de production.


production marchande

Ensemble des biens et des services marchands.

La valeur de cette production est mesurée par son prix de vente.


production non marchande

Ensemble des biens et des services non marchands.

La valeur de cette production est mesurée par son coût de production et non pas par son prix de vente, non significatif.


productivité

Efficacité productive. On la mesure en rapportant la valeur ajoutée créée à un (ou à l'ensemble) des facteurs de production utilisés pour la créer.


productivité globale des facteurs (productivité globale des facteurs de production)

Efficacité productive de l'ensemble des facteurs de production.
On la mesure en rapportant la valeur ajoutée créée au coût de l'ensemble des facteurs de production utilisés.


profit

Revenu du capital placé ou investi. Le profit d'une entreprise est le bénéfice. La maximisation du profit est le principal objectif des entreprises.


progrès technique

Tout ce qui explique la croissance intensive, i.e. l'augmentation de la productivité globale (encore dite multifactorielle) des facteurs de production donc tout ce qui permet de produire plus de richesse sans que cela ne s'explique par le fait d'utiliser une quantité accrue des 2 facteurs de production.

Les gains de productivité signifient que - l’on parvient à produire plus sans utiliser davantage de facteurs de production
- ou que la production a augmenté plus vite que la quantité de facteurs de production utilisés
- ou que la production a baissé mais moins vite que la quantité de facteurs de production utilisés.




protection sociale

Ensemble des dispositifs de prévoyance collective visant à couvrir les risques sociaux, i.e. d'indemniser les individus connaissant un risque social (réduisant les ressources et/ou augmentant les dépenses).

En France la protection sociale regroupe notamment les activités de la Sécurité sociale et de Pôle emploi ainsi que les administrations versant des aides sociales (bourses, minima sociaux comme le RSA/revenu de solidarité active, etc.). On peut également y adjoindre les complémentaires santé, certaines associations caritatives, etc.


protectionnisme (politique protectionniste)

Doctrine qui avance que le libre-échange ne serait pas toujours source de gains pour tous les pays. Dans certaines situations, une dose de protection de la production nationale contre la concurrence étrangère pourrait alors s'avérer profitable. Le protectionnisme désigne à la fois la doctrine et les mesures prises par les pouvoirs publics dans le cadre de l'application de cette doctrine (barrières tarifaires, quota, etc.).


qualification

Ensemble des savoirs, des savoir-faire et des savoir être (compétences) des travailleurs, permettant d'apprécier la valeur professionnelle de ces derniers. La qualification est un élément du capital humain. Elle inclut la formation initiale, la formation professionnelle et l'expérience accumulée.


quantité d'équilibre

Nombre de produits échangés au prix d'équilibre. A ce prix, la quantité que les demandeurs désirent acquérir et la quantité que les offreurs désirent vendre sont identiques. La quantité d'équilibre est donc la seule quantité de produits échangés qui satisfait à la fois les offreurs et les demandeurs.


rationnement

Situation où, sur un marché, l'offre et la demande ne sont pas égales. On parle de rationnement de l'offre ou surproduction lorsque l'offre est supérieure à la demande, et de rationnement de la demande, ou de pénurie, lorsque la demande est supérieure à l'offre.

Cette situation apparaît lorsque les prix ne peuvent se fixer librement par le jeu de l'offre et de la demande (instauration d'un prix plancher ou d'un prix plafond par exemple).


redistribution

Action des pouvoirs publics consistant à prélever une partie des revenus primaires des agents économiques pour les verser par la suite, soit aux individus dont les revenus primaires sont jugés insuffisants (redistribution verticale), soit à des individus confrontés à un risque social (redistribution horizontale, ne se préoccupant pas des ressources de l'individu).


réglementation

Mesures coercitives prises par les pouvoirs publics.


régulation des conflits

Ensemble de règles qui encadrent l'expression des conflits et les manières de les résoudre, en tentant de les prévenir notamment.

L'obligation d'un préavis de grève dans la fonction publique, l'obligation de négocier chaque année entre partenaires sociaux dans les entreprises sont des exemples de régulation des conflits.


relation salariale

Relations engre les salariés et les employeurs. Cette relation définit notamment le salaire, rémunération du travail salarié. Elle est à la fois marchande et institutionalisée, i.e. qu'elle est régie par des règles résultant de conflits et de négociations entre les salariés, le plus souvent représentés par leurs syndicats, et les employeurs, le plus souvent représentés par les organisation patronales, l'Etat jouant à l'occasion le rôle d'arbitre.


reproduction sociale

Phénomène sociologique qui conduit à la transmission du statut social des parents aux enfants (l'origine sociale et la position sociale de l'individu étudié sont alors confondues).




réseau social

Ensemble d'individus ou d'organisations reliés par des interactions sociales.

Un réseau social se modélise par des sommets (ou nœuds) et des arêtes qui les relient par des interactions sociales.

Pour un individu, faire partie d'un réseau social ou relationnel est considéré comme un moyen privilégié de sortir de l'isolement et de développement personnel :

- obtenir des faveurs,

- obtenir des conseils,

- partager des idées,

- etc.

Le fonctionnement en réseau nécessite de l'entretenir et de l'enrichir.


réserve halieutique

Stock de resssources naturelles vivantes présentes en milieu aquatique.

Les réserves halieutiques diminuent de façon préoccupante du fait de la surpêche qui peut être vue comme un exemple de tragédie des biens communs, ces derniers ayant tendance à disparaître par surexploitation.


revenu

Flux de ressources perçu par un agent économique.


revenu de transfert (revenu secondaire)

Revenu perçu par un agent économique par solidarité dans le cadre de la redistribution des revenus primaires opérée par les administrations publiques. Ils sont aussi appelés revenus secondaires (en opposition aux revenus primaires, perçus du fait d'une participation directe à l'activité productive, par apport d'un facteur de production au moins).


salaire

Rémunération du salarié.


salaire d'efficience

On parle de salaire d'efficience pour désigner un salaire dont le niveau est supérieur au salaire de marché, l'employeur supposant une liaison positive entre le niveau du salaire et l'effort productif du salarié, s'assurant ainsi, en situation d'asymétrie d'information, que le salarié soit le plus productif possible.
Ce salaire expliquerait une partie du chômage.


salaire minimum

Le salaire est la rémunération du salarié, c'est-à-dire de l'actif occupé ayant conclu un contrat de travail avec un employeur, contrat qui stipule notamment que le salarié est subordonné, dans le cadre du travail qu'il lui fournit, à son employeur, en échange d'une rémunération versée par ce dernier. Le salaire minimum est le niveau de salaire horaire le plus bas autorisé par la loi (dans les Etats ayant instauré un tel salaire).

En France le salaire minimum est le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance).


salariat

1 Ensemble des salariés.

2 Mode d'organisation du travail dans lequel le travailleur conclut un contrat de travail avec un employeur, contrat qui stipule notamment que le salarié est subordonné, dans le cadre du travail qu'il lui fournit, à son employeur, en échange d'une rémunération versée par ce dernier. Le salariat est tantôt considéré comme protecteur du fait des droits qu'il attache au salarié (sorte de pacte protection contre subordination), tantôt comme une relation d'exploitation (l'employeur exploitant le salarié), dans une perspective marxiste.

La société salariale désigne la société actuelle, où la grande majorité des actifs occupés sont des salariés (plus de 90% actuellement).


segmentation du marché du travail

Fait que le marché du travail n'est pas unique mais qu'il existe plusieurs compartiments séparés donc plusieurs marchés du travail fonctionnant de façon spécifique (selon la qualification du travailleur, selon la stabilité de son emploi, etc.).

On distingue notamment :
- tout d'abord, entre marché interne et marché externe. Le marché externe correspond à une affectation des emplois et à une détermination des salaires comme sur un marché concurrentiel : les poste à pourvoir se font selon des règles concurrentielles. À l'inverse, le marché interne correspond à une affectation des emplois et à une détermination des salaires selon des règles internes à l'entreprise ou à l'organisation ; la concurrence ne joue pas sur ce type de marché.

- ensuite entre marché primaire et marché secondaire. Sur le marché primaire se trouvent des emplois typiques (CDI à temps plein) occupés par des salariés qualifiés, plutôt bien rémunérés et jouissant de bonnes conditions de travail. À l'inverse, sur le marché secondaire se trouvent surtout les emplois atypiques (temps partiel ou à durée déterminée), moins bien rémunérés et occupés souvent par des « minorités » (immigrés, jeunes, femmes, etc.)


service collectif

Un service collectif ou service public est un service (quelque chose d'utile et d'immatériel) fourni sous le contrôle des pouvoirs publics pour satisfaire un besoin d'intérêt général (dans un cadre le plus souvent non marchand afin que tous les citoyens puissent accéder à ce service).




sociabilité

Capacité d'une personne ou d'un groupe à évoluer de façon adaptée dans la société pour nouer des relations avec les autres.

En pratique, elle peut prendre de multiples formes, telles que la capacité à tenir une conversation, à respecter une étiquette, la norme sociale, ou à ménager la face des interlocuteurs. Elle se développe notamment par la socialisation.


socialisation

Processus par lequel un individu apprend et intériorise les façons de sentir, de penser et d'agir (représentations, valeurs, normes, rôles sociaux, etc.) d'un groupe scocial.

La socialisation primaire concerne les premières années de la vie de l'individu. La socialisation est alors extrêmement importante et transmet des normes générales.
La socialisation secondaire succède à la socialisation primaire, à la fin de la petite enfance. La socialisation secondaire entretient les normes générales acquises lors de la socialisation primaire mais porte également sur de nouvelles normes ponctuelles et locales.


socialisation anticipatrice

Concept forgé par Robert King Merton. Il désigne le processus par lequel un individu apprend et intériorise les façons de sentir, de penser et d'agir (représentations, valeurs, normes, rôles sociaux, etc.) d'un groupe de référence, dans lequel il désire s'insérer.


société

1 - En sociologie, ensemble d'individus ayant une même culture, c'est-à-dire un ensemble de façons de voir, de penser et d'agir identiques, et qui interagissent en coopération.

2 - En économie, entité juridique constituée par plusieurs personnes qui conviennent par contrat de mettre en commun des biens et/ou leur activité en vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter.


société post-industrielle

Société dans laquelle la production matérielle, abondante, perd de l'importance par rapport à la production immatérielle.

Deux sociologues sont associés à l'émergence du concept de société post-industrielle : l'américain Daniel Bell et le français Alain Touraine.
D. Bell décrit la naissance d'une économie de services (tertiarisation). S'opère ainsi une profonde modification de la structure socioprofessionnelle, au profit des « cols blancs » : la connaissance devient la ressource stratégique par excellence, dont dépend de plus en plus étroitement l'activité économique.
A. touraine insiste plus nettement sur les enjeux à la fois culturels et conflictuels du nouveau type sociétal. Non plus réductible à la seule accumulation du capital, la croissance dépend de facteurs sociaux de plus en plus diversifiés, de contributions indirectes à la production : éducation, consommation, information... Dans ce cadre, la nature de la domination et du conflit social se trouve modifiée, au delà de l'opposition classique du capital et du travail. Les besoins et les pratiques culturelles changent. Aussi, les mouvements sociaux inhérents à cette société sont plus de nature culturelle qu'économique. L'action collective déborde désormais la seule sphère du travail.


solidarité mécanique (solidarité sociale mécanique)

Concept de Emile Durkheim. Dépendance réciproque entre les membres d'un groupe social du fait de la similitude qui les caractérise (du fait d'un faible degré de division du travail social).


solidarité organique (solidarité sociale organique)

Concept de Emile Durkheim. Dépendance réciproque entre les membres d'un groupe social du fait de la complémentarité qui les caractérise (une forte division du travail social les rendant différents et complémentaires).


solidarité sociale

Etat de dépendance réciproque entre les membres d'un groupe social.


soutenabilité

Synonyme de durabilité. Voir développement durable.


spécialisation

Dans le cadre de la division du travail, processus par lequel les individus ou les pays développent une activité pour laquelle ils disposent d'une compétence ou d'un avantage particulier, en abandonnant les autres activités.




statut professionnel

La notion de statut professionnel s'applique à la population active ayant un emploi.
Au sens strict, elle permet de distinguer les salariés des non-salariés.
Au sens large, elle permet de distinguer les travailleurs selon l'emploi qu'il occupent. Emploi salarié ou indépendant, stable ou précaire, qualifié ou non qualifié, etc.


stock

Mesure à un moment donné.


stratégie d'internationalisation

Ensemble des décisions rationnelles prises par les entreprises afin de maximiser leur bénéfice en utilisant au mieux les avantages que peut procurer l'ouverture internationale.


stratification sociale

Répartition de la population en catégories sociales ou groupes sociaux distincts les uns des autres (= structure sociale) du fait d'inégalités et donc hiérarchisés. Le concept de stratification sous-entend une certaine proximité entre les couches sociales et une porosité permettant la mobilité sociale.


structuration sociale

Ensemble des phénomènes concourant à l'établissement de la structure sociale.


structure sociale

Répartition relativement stable des individus d'une société en plusieurs catégories ou groupes sociaux différenciés.


style de vie

Manière de vivre, de voir, de penser et d'agir, d'une personne ou d'un groupe d'individus. C'est son comportement quotidien (utilisation du temps libre, choix de consommation, sa façon de vivre déterminée par certaines valeurs. Aussi dit mode de vie. S'expliquant par des facteurs psychologiques et culturels, le style de vie, concept qualitatif, n'est qu'en partie lié au niveau de vie des individus (concept quantitatif).


syndicat (syndicat professionnel)

Association de salariés dont l'objectif est la défense des intérêts professionnels de ses membres en particulier et des salariés qu'ils représentent en général.


table de mobilité sociale (table de mobilité, table de recrutement, table des origines, table de destinées)

Une table de mobilité se présente sous la forme d'un tableau à double entrée qui met en relation la position sociale des individus sur lesquels portent l'enquête et leur origine sociale, en faisant ainsi l'un des outils privilégiés des sociologues dans l'analyse de la mobilité sociale.

Une table des destinées est une table de mobilité qui répond à la question « que deviennent les personnes originaires d'une catégorie sociale donnée ? », autrement dit : « que deviennent-ils ? ».

Une table des recrutements est une table de mobilité qui répond à la question « quelle est l'origine des personnes appartenant à une catégorie socioprofessionnelle donnée ? », autrement dit « d'où viennent-ils ? ».


taux de change

Prix d'une monnaie exprimée par rapport à une monnaie étrangère : il indique combien d'unités d'une monnaie étrangère échangeable (devise) on peut obtenir avec 1 unité de la monnaie nationale considérée.




taux de chômage

Mesure de l'importance du chômage. On le calcule en rapportant le nombre de chômeurs à la population active. Il est généralement présenté sous la forme d'un pourcentage.


taux de salaire réel

Salaire horaire déflaté. Le salaire étant la rémunération du salarié, c'est-à-dire de l'actif occupé ayant conclu un contrat de travail avec un employeur, contrat qui stipule notamment que le salarié est subordonné, dans le cadre du travail qu'il lui fournit, à son employeur, en échange d'une rémunération versée par ce dernier.


taux d'emploi

Mesure de l'importance des actifs occupés (considérés comme créateurs de richesse) dans une population.
On le calcule en rapportant le nombre d'actifs occupés à l'ensemble de la population étudiée (en général limitée à la population en âge de travailler).
Il est généralement présenté sous la forme d'un pourcentage.
Un faible taux d'emploi peut s'expliquer par des études longues, un âge de départ à la retraite faible, du chômage ou l'existence de chômeurs découragés (qui ne sont plus considérés comme chômeurs), une économie sousterraine importante, etc.


taxation

Prélèvement financier opéré par les pouvoirs publics, proportionnellement à une assiette.


analyse économique (théorie économique, analyse économique)

Ensemble de concepts expliquant comment mener la lutte contre la rareté afin de satisfaire au mieux les besoins humains.

Les théories économiques peuvent être considérées comme des modèles plus ou moins simplifiés de la réalité, reposant sur un ensemble d'hypothèses. Elles visent à établir des lois de fonctionnement, liens de causes à effet réguliers, permettant de mieux comprendre l'économie, c'est-à-dire les mécanismes de la production, de la distribution et de la consommation. Son aspect scientifique fait que ces modèles sont à un moment donné confrontés aux faits par l'observation de la réalité économique.


travail

Ensemble des capacités physiques et intellectuelles d'un individu mises en œuvres pour récréer un produit. Au sens de l'INSEE, uniquement dans le cadre d'une activité rémunérée et déclarée.


union économique et monétaire (UEM, union économique et monétaire)

Une union économique et monétaire (UEM), est un groupe de pays qui, après avoir formé une union économique (marché commun + harmonisation des politiques économiques), ont adopté une monnaie unique.

Pour Bela Balassa, l'union économique et monétaire correspond à la cinquième et ultime phase d'intégration économique avec la création d'une monnaie commune. Elle est généralement précédée de 4 étapes intermédiaires :

- la zone de libre-échange qui correspond à une suppression des droits de douanes et des limitations quantitatives d'importations entre les pays membres ;

- l'union douanière qui est une zone de libre-échange dotée d'un tarif extérieur commun (TEC) ;

- le marché commun, une union douanière où les facteurs de production peuvent circuler sans entraves d'un pays à l'autre ;

- l'union économique, un marché commun marqué par l'harmonisation des politiques économiques des différents États-membres.

La principale union économique et monétaire dans le monde est celle de l'Union européenne, c'est-à-dire la zone euro, qui est souvent dénommée simplement Union économique et monétaire.On peut remarquer que bien qu'étant parvenu à réaliser une union monétaire, l'Union européenne peine toutefois à harmoniser les politiques économiques des États membres.


Union européenne (UE)

Association politico-économique de vingt-huit États européens qui délèguent ou transmettent par traité l'exercice de certaines compétences à des organes communautaires.

Les membres fondateurs de l'Union européenne sont l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas en 1957. Ils sont rejoints en 1973 par trois membres de l'Association européenne de libre-échange : le Danemark, l'Irlande et le Royaume-Uni. L'Union s'élargit vers le sud avec l'adhésion de la Grèce en 1981, puis de l'Espagne et du Portugal en 1986. Entre temps, en 1985, le Groenland a décidé de se retirer en ratifiant le Traité sur le Groenland et a désormais le statut de pays et territoire d'outre-mer associé. Avec la fin de la Guerre froide, la partie est de l'Allemagne rejoint de facto la Communauté économique européenne en 1990. Puis l'Union européenne intègre en 1995 des États neutres : l'Autriche, la Finlande et la Suède et en 2004, dix nouveaux États, en majorité issus du bloc de l'Est : Chypre, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie ; puis en 2007 la Bulgarie et la Roumanie et enfin la Croatie en 201310. Le 23 juin 2016, les britanniques votent en majorité pour la sortie de leur pays, le Royaume-Uni, de l'Union européenne dans le cadre d'un référendum. Le pays active l'article 50 du traité sur l'Union européenne le 29 mars 2017, enclenchant ainsi la procédure de sortie du pays.


union monétaire

Ensemble d'Etats ayant une monnaie commune ou une monnaie unique.


valeur ajoutée

Richesse créée par une unité de production elle-même.

Il s'agit de la richesse que cette unité de production a ajouté aux richesses qu'elle a acquises auprès des autres unités de production, i.e., sous sa forme brute, de la richesse qu'elle a ajoutée aux biens intermédiaires et sous sa forme nette de la richesse qu'elle a ajoutée aux biens intermédiaires et aux biens d'équipement.
Ainsi si une entreprise produit une table vendue 500 euros en utilisant 10 planches valant 100 euros et en usant pour une valeur de 5 euros ses outils, cette entreprise a ajouté 400 euros de valeur aux planches (bien intermédiaires ayant été détruits lors de la fabrication de la table, cette destruction étant appelée consommation intermédiaire). Sa valeur ajoutée brute (sans prendre en considération la perte de valeur des bien d'équipement) est donc de 400 euros. Sa valeur ajoutée nette (en prenant en considération la perte de valeur des biens d'équipement, appelée amortissement) est de 400 - 5 = 395 euros. Cela revient à dire que l'entreprise a ajouté 395 euros de valeur à toute la richesse qu'elle a achetée. C'est sa contribution productive propre. Son apport personnel à la création de richesse.

On l'obtient sous sa forme brute en retirant la valeur des consommations intermédiaires au chiffre d'affaires.

On obtient sa forme nette une fois que l'amortissement a également été soustrait.




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Sous la direction de Damien Racca,
professeur de sciences économiques et sociales.
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